2008-11-17

Total Eclipse

Comme je voulais prendre un break de mes interminables devoirs ce soir, j'ai décidé de regarder Total Eclipse.

En regardant le film, deux pensées me sont venues en tête. :

1. Si Rimbaud se réincarnait aujourd'hui, ou si un poète contemporain était comme Rimbaud, il serait probablement interné dans un hôpital psychiatrique. Son comportement semble se rapprocher d'une personnalité borderline. Et on le considère maintenant comme un « génie ». C'est tout dire.

2. Il y a un monde, pardon un infini, qui sépare les « vrais » poètes des littéraires (étudiants et professeurs en littérature).


16 pensée(s):

Simon Dor a dit…

"2. Il y a un monde, pardon un infini, qui sépare les « vrais » poètes des littéraires (étudiants et professeurs en littérature)."

Je crois que l'une des raisons de cela est qu'il y a aussi un infini qui sépare les "vrais" poètes des lecteurs.

Maphto a dit…

Oui, cette question des lecteurs est intéressantes. C'est la même chose avec le public pour le cinéma. Un film très original pourra être mal reçu parce que les gens ne le comprennent pas. Ce n'est pas tout le monde qui connaît l'histoire du cinéma, les esthétiques, les films, etc.

Simon Dor a dit…

Croyez-vous que "l'objectif" des étudiants et professeurs en littérature est plus près de la position du créateur, de la position du lecteur, d'une position différente qui est la leur, ou encore que ça peut (et peut-être devrait) dépendre de leurs préoccupations actuelles?

Maphto a dit…

Je dirais que c'est un mélange de tout cela. Les lecteurs voient souvent ce qu'ils veulent voir dans l'oeuvre. Il ne faut pas se réduire à l'intention de l'auteur bien qu'il puisse être intéressant de la comprendre.

Maphto a dit…

L'objectif des profs et des étudiants en littérature ? Je ne sais pas. Il y en a un ? :)

En fait, je pense qu'il y a plusieurs manières d'appréhender l'objet littéraire tout simplement.

Simon Dor a dit…

Je suis tout à fait d'accord.

Inukshuk a dit…

Je ne fais pas ce genre de distinction scholastique du poète d'une part et de l'écrivain d'autre part. Un véritable écrivain est un poète.

Et un véritable créateur passe pour fou aux yeux de la foule parce qu'il sait que le conformisme c'est la mort assuré.

Le créateur veut vivre et se survivre.

Rimbaud ne serait pas enfermé aujourd'hui puisque les asiles ont été vidés de leur pensionnaire pour la plupart.

Rimbaud serait probablement aujourd'hui ce qu'il avait été hier, un hors-la-loi,un homme à tout faire, un iconoclaste et un esprit indépendant.

Maphto a dit…

Inukshuk : J'avoue, il serait probablement un assisté social.

Inukshuk a dit…

C'est bien mal le connaître, lui le poète de la liberté...

Faudrait que tu le lises ou le relises pour comprendre à qui tu as affaire... ;)

Maphto a dit…

Je ne parlais pas de Rimbaud.

Inukshuk a dit…

De qui alors?

Maphto a dit…

du véritable créateur... :P

Martin a dit…

1- Rimbaud, est mort depuis un bail, nous avons beau en savoir beaucoup en savoir sur sa vie ce n’est pas très facile d’évaluer sa santé mentale donc les spéculation sont au mieux oiseuses.


2- Il y a un infini entre les vrais poètes et les lecteurs ? Et les poètes qui lisent ?
Et les lecteurs qui deviennent poètes ? Il faut bien commencer quelque part.


«Un véritable écrivain est un poète.» Le travail du mot n’est pas le propre du poète, on peut trouver un côté poétique à toutes sortes de formes de prose, il y a également de la poésie en prose, alors la simple mention est un peu superflue à mon sens. D’un autre côté, il n’est pas nécessaire à un écrivain de se concentrer autant sur un aspect poétique de son écriture pour être un véritable écrivain.


Le terme vrai est très étrange. Il y a de faux créateurs ? Il y a une accréditation à passer ? J’ai publié un poème lors d’un concours, est-ce assez pour me déclarer poète ?

Qui déclare les véritables écrivains ?

La paraculture, culture de masse, culture sérielle, culture populaire, elle n'est pas de la création parce qu'elle se conforme à des normes de la société?

Parce que si je comprends bien jusqu'ici n'est véritable créateur que celui ou celle qui est un esprit libre indépendant au point de devoir vivre de façon dysfonctionelle avec la société.

Zola, était-il un faux écrivain ? Et Flaubert ? Il était médecin et écrivait le soir. Il a réussi à sauver sa peau en arguant qu’Emma Bovary était punie de son infidélité car elle meurs à la fin. C’est une défense qui utilise le conformisme de la société à ce moment, était-il pour autant un faux écrivain ?


Pour ce qui est de se survivre à travers l’histoire, C’est une très jolie image. L’ennui est que personne ne sait ce qui va survivre de ce qui va s’oublier. La chanson de Roland, est un monstre de conformité, Don Quichotte en est la satyre. Et les deux survivent encore aujourd’hui et sont lues par le même type de public. La notion d’originalité n’existe pas depuis si longtemps, les jugements en ce sens non plus.


Cadrer le «véritable» automatiquement dans un portrait en absolu désaccord avec la société, il me semble que ce n’est justement qu’un autre cadre.

Je vous suggère fortement de lire le sociologue Pierre Bourdieu à ce sujet. Il a une théorie des champs très intéressante

Simon Dor a dit…

Je ne crois pas moi non plus à la notion de "vrai" poète-écrivain, ou de "vrai" quoique ce soit d'ailleurs.

Il y a je crois confusion dans les commentaires. Il me semble que Maphto précise bien qu'il trouve que les "littéraires" (entendu comme "étudiants et chercheurs en littérature") sont à un infini des poètes. Il ne distingue pas les écrivains des poètes.

Que savons-nous par ailleurs de l'univers des poètes? Que savons-nous de l'univers des autres? Ce qui me pousse à ne pas être d'accord avec Inukshuk qui propose qu'on puisse le connaître bien ou mal à travers ses textes.

Très bonne intervention de la part de Martin. Cette réflexion me semble à la base de l'étude de quelque objet culturel que ce soit.

Martin a dit…

Il n'y a pas eut confusion,

« y a je crois confusion dans les commentaires. Il me semble que Maphto précise bien qu'il trouve que les "littéraires" (entendu comme "étudiants et chercheurs en littérature") sont à un infini des poètes. Il ne distingue pas les écrivains des poètes.»

Donc les littéraires(étudiants et profs) ne seraient que des lecteurs et des analyseurs de textes alors que les poètes, de l'autre côté de l'infini, seraient des créateurs.

Je replace mon commentaire précédent : «2- Il y a un infini entre les vrais poètes et les lecteurs ? Et les poètes qui lisent ?
Et les lecteurs qui deviennent poètes ? Il faut bien commencer quelque part. »

Les littéraires écrivent, les poètes lisent et l'arbre est dans ses feuilles.

Simon Dor a dit…

J'allais plutôt à la suite de: "Je ne fais pas ce genre de distinction scholastique du poète d'une part et de l'écrivain d'autre part. Un véritable écrivain est un poète."