2008-05-18

La bonne conscience écologique

J'ai trouvé cette phrase sur un profil de gay411. La personne énumère quelques-unes de ses qualités et elle écrit : « J'essaie de bien manger, j'achète autant que possible des trucs qui sont produits ici même au Québec, j'ai une conscience pour l'environnement, je ne donne jamais d'argent à un quêteux, je suis vraiment frustré quand je vois quelqu'un jeter un déchet sur le plancher dans le métro. haha »

Pour cet individu, la valeur de l'environnement semble supérieure à celle de la charité qui occupe peut-être le dernier rang. Sans vouloir faire une critique de jugement de valeur, il me semble qu'un être humain est plus important qu'un bout de papier jeté dans le métro.

Enfin, j'imagine que je me fais vieux ! Je devrais peut-être recycler mes idées humanistes pour celles, plus à la mode, de l'environnement et de la conscience écologique !

Mais pourquoi ne pas recycler les « quêteux » et en faire du Soleil vert ? Au moins, ils seraient utiles à la société.


Si je redeviens sérieux, je trouve que le discours écologiste tend à devenir de plus en plus totalitaire. Je ne peux même plus jeter une can de beans dans les poubelles sans passer pour un irresponsable sans conscience environnementale ! Comme quoi, n'importe quelle idée peut être potentiellement liberticide !

5 pensée(s):

L'Amnésique a dit…

N'oublions pas que les premières politiques «environnementales» (je dis politiques et non pas idées) ont été appliqué par le régime hitlérien. D'ailleurs il y a un excellent texte de Robert Proctor qui parle de l'idéal scientifique du nazisme. Bref, la pureté est l'élément essentiel (bien entendu).
Dans les régimes libéraux du début du XXe siècle, l'environnement n'était pas seulement quelque chose dont on ne se souciait pas, mais si quelqu'un s'en souciait il était véritablement un clown: la liberté libérale c'est conquise en transférant une part de la violence sociale envers une violence sur la nature. Avec la machine, la modernité vera la possibilité de réalisation de son idéal. La machine comprise comme la domestication des forces de la nature et de ses lois au service de la liberté humaine. La violence constitutive de la société humaine est portée à l'extérieur de son socle et ainsi est possible une liberté basée sur l'égalité et non pas des rapports de force. (Voir à cet égard le mémoire de Mark Fortier intitulé Nature et responsabilité, Sociologie, UQAM)
C'est dans cette optique, je crois, qu'il faut comprendre la naissance des idéaux environementaux: foncièrement anti-libéraux.
Soit dit en passant: autoritaire, dictatorial ou totalitaire ce ne sont pas les mêmes choses. Il ne faut pas confondre.

Bonne Journée,
L'Amnésique

Valérie-Ann a dit…

J'ai beau chercher, je ne vois pas en quoi "ne pas aider les gens dans le besoin" est compatible avec le fait d'être écolo. J'aurais même tendance à croire le contraire. Même que les sans-abris sont écolos, dans un sens, puisqu'ils récupèrent la nourriture encore bonne qu'il y a souvent dans les poubelles, recyclent les bouteilles consignées, et n'utilisent pas de voiture. Mais qui suis-je pour en juger? ;)

Zhom a dit…

J’aime bien les clochards. J’aime l’orgueil acharné de ces pauvres diables qui vivent aux crochets des autres plutôt que de s’abaisser à des emplois plus ou moins humiliants et harassants. De toute façon, travailler c’est encore vivre aux crochets des autres. Je donne souvent de la monnaie aux junkies et aux ivrognes. Et si, grâce à mon modeste don, ils passent une bonne soirée, j’en serai content. On dira que j’encourage la toxicomanie. Mais ces gens-là n’ont rien à perdre, rien à gagner. Je préfère les savoir heureux. Le junkie qui a eu sa dose est infiniment moins dangereux que le junkie en manque. Il ne faut pas mépriser les éclopés et les anéantis : Ils nous offrent une image saisissante de ce qu’on pourrait devenir. Qui est à l’abri de la détresse?

Maphto a dit…

L'amnésique : j'ai hésité quant au terme à employer : dictature, totalitarisme, etc. Aucun ne reflétait tout à fait ma pensée. Peut-être qu' « idéologie » serait le plus approprié.

Ceci dit, il existe également « l'écologisme vert » qui est une forme de « terrorisme écologique ». Le Devoir en faisant mention récemment puisque des écologistes fanatiques tentaient de blesser des travailleurs forestiers par divers moyens peu conventionnels.

Valérie-Ann : J'aime bien critique l'écologisme. :)

Zhom : Un petit coup à ma santé ? :) Hic.

Valérie-Ann a dit…

@ Maphto: je sais bien, je ne t'en tiens pas rigueur! À quoi sert de partir la guerre, on a tous droit à nos convictions! :)